Bidoglio Franco, Jenoure Peter
Clinica Ars Medica, Manno
Summary
Do good and talk about it! Taking care of the health of your members is certainly a positive thing and we were interested in how our national sports federations communicate their health promotion activities on one of the most important means of today, the Internet. The results are, shall we say diplomatically, improvable, especially since there will be further “losses” before the information reaches the local club athlete!
Zusammenfassung
Tue Gutes und sprich davon! Sich um die Gesundheit seiner Mitglieder zu kümmern, ist bestimmt was Sinnvolles, was Gutes, und es interessierte uns zu wissen, wie unsere nationalen Sportverbände ihre gesundheitsfördernden Aktivitäten auf einem der heute wichtigsten Medien, dem Internet, kommunizieren. Die Ergebnisse sind, sagen wir es mild, verbesserungsfähig, umso mehr, dass es bis die Informationen zum Sportler im lokalen Verein gelangen, weitere «Verluste» gibt!
Résumé
Faites du bien et parlez-en! Prendre soin de la santé de vos membres est certainement une chose positive et nous nous sommes intéressés à la façon dont nos fédérations sportives nationales communiquent leurs activités de promotion de la santé sur l’un des moyens les plus importants d’aujourd’hui, Internet. Les résultats sont, dirons-nous diplomatiquement, améliorables, d’autant plus qu’il y aura d’autres «pertes» avant que l’information ne parvienne à l’athlète du club local!
Riassunto
Fai del bene e parlane! Prendersi cura della salute dei propri tesserati è sicuramente una cosa positiva e ci interessava sapere come le nostre federazioni sportive nazionali comunicano le loro attività di promozione della salute su uno dei mezzi più importanti di oggi, Internet. I risultati sono, per usare un eufemismo, migliorabili, tanto più che ci saranno ulteriori «perdite» prima che l’informazione raggiunga l’atleta nel club locale!
Préambule
Les innombrables rapports scientifiques relatant les effets bénéfiques d’une activité physique et sportive (APS) sur pratiquement tous les systèmes organiques en tant que prévention ou comme thérapie [1,2] sont significativement neutralisés par les non moins nombreuses statistiques énumérant les accidents, les blessures et autres lésions engendrés par ces mêmes activités [3]. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la relation santé et sport est plutôt ambivalente. Sans approfondir l’argument, il est assez évident que c’est surtout le sport pratiqué en forme de compétition organisée qui est le principal responsable des effets défavorables des APS sur la santé, et il est par conséquent intéressant d’analyser comment les organisations sportives cherchent à protéger la santé de leurs membres.
Le sport international fonctionne très nettement selon un principe «top – down», les plus importantes proposant, sinon imposant leur vision à celles qui dépendent d’elles, et ce jusqu’au bas de la pyramide, là où se trouvent effectivement les pratiquants. Le Comité International Olympique (CIO), incontestablement l’organisation la plus importante, prend la santé des sportifs très au sérieux, et il est très satisfaisant de découvrir dans la Charte Olympique [4], le document de base du mouvement, dans le deuxième chapitre déjà (Mission et rôle du CIO) que le rôle du CIO est: «9. de protéger les athlètes intègres et la probité du sport en dirigeant la lutte contre le dopage et en prenant des mesures contre toute forme de manipulation des compétitions et de corruption qui s’y rapporte»; et «10. d’encourager et soutenir les mesures relatives aux soins médicaux et à la santé des athlètes». Le CIO s’est également doté d’un code médical [5] qui répète avec insistance l’importance de l’entretien de la santé des membres, qu’ils soient sportifs de haute compétition ou seulement de loisir. Mais les efforts du CIO ne s’arrêtent pas là. À côté d’une Commission Médicale au rôle davantage politique, l’organisation s’est dotée d’une Commission Médicale et Scientifique qui depuis des années maintenant fait preuve d’une activité scientifique de grande qualité, avec de nombreuses publications qui sont souvent des ouvrages de référence en médecine du sport.
De nombreuses fédérations internationales ne demeurent pas en reste (football – FIFA, natation – World Aquatics, parmi d’autres) et effectuent du bon travail également, sans toutefois se donner les mêmes moyens. Souvent, la lutte anti-dopage prend le dessus sur la santé des participants. Cette situation favorable change passablement au niveau de certains comités olympiques nationaux, qui laissent volontiers la responsabilité de l’aspect santé à leurs fédérations sportives membres. Ce qu’ils considèrent comme prioritaire est l’encadrement médical de leur délégation à l’occasion des Jeux Olympiques. Malgré ce report de responsabilité sur leurs épaules, ces mêmes fédérations peinent souvent à trouver les ressources financières pour mettre sur pied une structure médico-sportive de qualité pour leurs membres. Ou est-ce une absence de conscience de l’importance de cette santé dont il est question chez des athlètes hyperperformants, donc apparemment pas malades? Au niveau de la structure inférieure, le club, même professionnel, la santé est très souvent considérée comme une affaire personnelle du sportif, et l’organisation médico-sportive en conséquence, discrète à inexistante. Le médecin ou le physiothérapeute impliqués le font sur une base de volontariat, animée par l’enthousiasme avant tout. Rares sont les organisations de base disposant d’un encadrement médico-sportif digne de ce nom.
Cette question des responsabilités en tous cas morales des associations sportives a déjà été passée en revue au niveau international [6] et au niveau français [7]. L’intention de cette analyse est de procéder de la même manière que dans les 2 études mentionnées ci-dessus au niveau des Fédérations sportives helvétiques, afin de pouvoir établir un état des lieux, base indispensable à la réalisation d’une amélioration toujours possible.
Méthodologie
Notre travail a été fortement inspiré par les études mentionnées précédemment [6,7]. Comme dans ces dernières, nous avons repris les 12 mots-clés qui nous paraissaient pertinents, ajoutant celui de Covid, vu son actualité au moment de la réalisation de l’étude. Nous avons ensuite classé ces 13 sujets par groupe thématique (voir tableau 1).
Nous avons travaillé avec une liste des adresses informatiques de toutes les fédérations sportives travaillant sous le drapeau du comité olympique national, Swiss Olympic Association (voir tableau 2).
Contrairement aux 2 études de références, nous nous sommes contentés de ne passer les mots-clés au filtre des sites web uniquement (score du site web), en renonçant délibérément au score Google utilisé par ceux qui nous ont précédés. La raison principale est que nous avons voulu nous concentrer sur l’actualité des sites de la fédération, en évitant l’apparition d’informations parfois datées de quelques années mais signalées comme actuelles et l’éventuelle influence des cookies, comme cela arrive souvent lors de l’utilisation de moteurs de recherche génériques. Une autre raison est à chercher dans le fait que les 2 études de références ont démontré une corrélation satisfaisante entre les 2 méthodes.


À partir de la page d’accueil de chaque site Web de chaque fédération, une recherche a été effectuée pour trouver des informations liées à chaque mot-clé. Un score a été établi en fonction de la présence et de l’accessibilité à chaque information thématique: 3 points si l’information est présente sur la page d’accueil; 2 points si on pouvait la trouver en parcourant l’arborescence du site; 1 point si c’était difficile à trouver; 0 point si rien n’a été trouvé, même après avoir utilisé le moteur de recherche interne du site. Le maximum de points pour le Score Site Web pour chaque fédération examinée était donc de 39. Nous avons cherché à reproduire l’approche naturelle et pratique de la recherche sur Internet, similairement à ce qui pourrait être fait par les athlètes, les professionnels de la santé ou d’autres intéressés, tous généralement en manque de temps à consacrer à une telle recherche. Raison autre pour cette approche pratique.
La subjectivité qu’implique un tel exercice doit être soulignée. Pour le garder sous contrôle, l’examen de certaines fédérations, choisies au hasard, a été répété après quelques semaines et comparé au précédent. Les scores au niveau des mots-clés individuels (0, 1, 2 ou 3) et les scores totaux doivent être évalués de manière relative au sein de l’ensemble des données obtenues. Enfin, il faut relever que seuls quelques sites existent dans les trois langues de la Confédération, l’allemand et le français étant toujours présents. Dans l’enquête rapportée ici, nous nous sommes concentrés sur la version française, en la complétant avec de l’allemand si nécessaire.
Pour terminer, il est important de savoir que notre analyse a été réalisée au printemps 2022, et qu’il n’est pas impossible que depuis lors, des modifications aient été apportées.
Résultats
La figure 1 A à C montre des exemples (captures d’écran) extraites des sites de trois fédérations. Plus que de longues explications, les tableaux 3 et 4 suivants illustrent de manière claire les résultats obtenus par notre analyse.

Le tableau 3 compare les données obtenues en les normalisant au score total de 39, le maximum atteignable si chacun des 13 mots clés obtient un score de 3 points. Cette valeur de 3, selon l’approche proposée par Merley (7), correspondrait à des mots-clés tous mentionnés sur la page d’accueil du site, situation qui n’a qu’une valeur théorique, car complexe à mettre en œuvre en pratique. Comme détaillé dans ce tableau 3, le site Internet de Swiss Olympic obtient un score de 32. Il nous a pourtant semblé plus logique de rapporter tous les scores à la valeur de 39, c’est-à-dire la situation idéale, ce qui est représenté dans le tableau 4. En raison de la grande disponibilité des informations, le site Swiss Olympic a une valeur de communication pratique importante en tant que site de comparaison auquel toutes les fédérations sportives sectorielles peuvent se référer.
Comme on peut le voir sur le tableau 3, ce sont les fédérations de rugby, de cyclisme, de taekwondo, de boxe et d’aviron (pour ne citer que les cinq premières) qui sont les plus efficaces en termes de communication d’information médicale.


Discussion
Les commentaires donnés ici renvoient à la manière dont l’aspect prévention et protection de la santé est communiqué sur les sites Internet des fédérations sportives suisses.
Il n’est pas de notre intention d’exprimer des évaluations sur le contenu et les aspects organisationnels. L’objectif de cette analyse est d’obtenir un indicateur de l’attention que les fédérations sportives accordent à l’information du grand public sur la santé dans leur sport particulier. L’autorité des fédérations sportives ne peut avoir que des effets bénéfiques sur les pratiquants potentiels dans leur sport spécifique, par une présentation claire et objective des avantages et des risques de la pratique d’une activité dans leur cadre particulier. Selon notre analyse, les informations sur les sites Web des fédérations ne sont pas immédiatement accessibles. Découvrir même l’existant demande beaucoup de temps, ce qui, compte tenu de la volatilité de l’attention et des temps rapides (quelques minutes) statistiquement consacrés à la recherche sur le web par un lecteur soucieux de trouver des informations sur la santé dans son sport, n’incite certainement pas à approfondir l’investigation. On a pu observer que cela permet un filtrage entre les seuls curieux et ceux qui s’intéressent réellement au sport. Ces derniers peuvent certainement se tourner vers les points de contact officiels de la fédération. Cependant, compte tenu du rôle de l’éducation dans le sport qui est attendu du mandat des fédérations, une plus grande attention pourrait être portée à la communication de l’aspect santé.
Il faut se rappeler ensuite que la pratique « concrète » de l’activité sportive, quelle qu’elle soit, est réalisée à des niveaux inférieurs à celui de la fédération faîtière lorsqu’il s’agit de clubs et de sociétés plus locales, surtout plus petites, plus «amateures», moins structurées. Alors qu’en fin de compte ce sont ces entités qui devraient réaliser cet encadrement médico-sportif en mesure de protéger le participant et de le faire profiter au maximum des effets bénéfiques pour la santé d’une activité sportive bien conduite. Considérant cette diminution d’efficacité des conseils édictés au niveau fédéral jusqu’à leur mise en pratique sur le terrain, il est indispensable que ces informations et ces recommandations médico-sportives soient denses et précises, voire contraignantes (sanctionnées lorsque manquantes) même. Ce n’est malheureusement pas souvent le cas.
Conclusion
La santé de ses membres doit être une priorité pour toute association sportive qui se respecte, et ceci non seulement parce que le sujet est mentionné dans un quelconque règlement, aussi symboliquement important qu’il puisse être. À part l’aspect prioritaire de responsabilité qui devrait motiver les dirigeants sportifs, la santé des membres est également un élément de réussite sportive, objectif principal de la très grande majorité des organisations sportives: pouvoir compter sur ses meilleurs athlètes est un gage de succès alors que des sportifs blessés ou malades ne sont guère en mesure de défendre valablement leurs couleurs [8]. Sans parler des coûts qu’ils engendrent, dans le sport professionnel par exemple [9,10].
Pour qui connait le monde sportif de l’intérieur, l’analyse que nous avons effectuée n’est malheureusement même pas le reflet de la réalité, et la médecine du sport et ses pratiquants, les médecins du sport, principaux acteurs pouvant contribuer au maintien et à l’entretien de la santé au sens large du terme, ne se voient généralement octroyer que des postes «strapontins», très secondaires, dans les hiérarchies des fédérations. En conséquence, même dans les associations qui se sont données de la peine avec leur site internet, il y a encore beaucoup de travail pratique et concret à effectuer!
Correspondance
Peter Jenoure
Clinica Ars Medica,
Centro dello Sport, 6928 Manno
Email: studiojenoure@bluewin.ch
Franco Bidoglio
Clinica Ars Medica,
Centro dello Sport, 6928 Manno
franco.bidoglio@outlook.com
References
- B.K. Pedersen, B. Saltin: Special Issue of the Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sport, Vol 16, February 2006.
- The Lancet Vol 380 July 7, 2012: Studies chosen to show effectiveness of exercise, and benefits should not be regarded as directly comparable apart from percutaneous coronary angioplasty and major depression. Exercise can be expected to provide broader health benefits than individual drug or surgical interventions.
- BfU, Jahresbericht 2021, Prävention im Wandel. Gestern, heute, morgen – wie erreicht man die Menschen.
- https://www.olympic.org/fr/documents/charte-olympique
- hltp: http://www.olympic.orgifr/commissionmedicale-et-scientifigue?tab=code-medical.
- Mountjoy M, Junge A. The role of International Sport Federations in the protection of the athlete’s health and promotion of sport for health of the general population. Br J Sports Med 2013;47:1023-7.doi:1O.11361 bjsports-2013-092999.
- Merley Marie-Emilie, Gremeaux Vincent, Edouard Pascal : Availability and accessibility of information regarding the protection of athletes’ health and promotion of sport for health to the general population on the websites of French Olympic Sports Federations, Swiss Sports & Exercise Medicine, 68 [2), 46-53, 2020.
- Martin Hägglund, Markus Waldén, Henrik Magnusson, Karolina Kristenson, Håkan Bengtsson, Jan Ekstrand: Injuries affect team performance negatively in professional football: an 11-year follow-up of the UEFA Champions League injury study Br J Sports Med 2013;47:807–808. doi:10.1136/bjsports-2013-092215.
- Eyal Eliakim, Elia Morgulev , Ronnie Lidor, Yoav Meckel: Estimation of injury costs: financial damage of English Premier League teams’ underachievement due to injuries. BMJ Open Sp Ex Med 2020;6:e000675. doi:10.1136/bmjsem-2019-000675.
- James Burrow. Howden’s European Football Injury Index reveal record injury cost of over £500m for 2021/22 season [Internet]. Report. 2022 [cited 2022 Sep 29]. Available from: http://www.howdengroup.com.
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